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Le ramassage du bois de taille

Après la taille des vignes, nous ramassons le bois de taille. En viticulture bio cela permet de réduire la pression des maladies et insectes qui sont sur le bois de taille (par rapport au broyage sur place). Nous utilisons pour cela un râteau de paysagiste monté sur le tracteur.

Râteau de paysagiste

Cela fonctionne très bien, le seul inconvénient est que le bois reste souvent coincé entre les dents du rateau. Il fallait descendre du tracteur à chaque rang et dégager le bois avec une fourche. Cette année j’ai ajouté une amélioration qui permet de dégager le tout sans efforts à partir du tracteur.  Cela permet également de compacter un peu le bois dégagé en même temps.
Quelques pièces de métal, un vérin hydraulique emprunté à l’écimeuse et voilà, un système pour dégager le bois de taille.

Et un court vidéo de ce système en opération .

Directement ici : ev24-rateau ou voir la vidéo sur youtube

Bon visionnement

Applicateur de vinaigre (herbicide)

Pour faire suite à mon très populaire billet sur la “vinaigrette” utilisée comme herbicide dans le vignoble voici la phase 2, l’applicateur de vinaigre. Maintenant que les plants sont plus hauts, j’ai décidé de construire un applicateur à vinaigre pour accélérer le travail. En effet l’application manuelle avec un pistolet pulvérisateur prenait plusieurs jours et avec le nouvel applicateur on fait tout le vignoble (9,000 plants) en moins de 6 heures.

Je me suis inspiré de certains équipements existants en Europe. La première photo montre toute l’installation sur le petit tracteur. J’utilise toujours le même pulvérisateur et l’applicateur est fixé sous le tracteur au centre pour bien voir ce qui se passe pendant l’application.

L'applicateur prêt à fonctionner

Les 2 circuits d’alimentation des buses sont branchés directement sur les sorties des électro-valves, cela me permet de couper l’application gauche/droite au besoin.

Circuits d'alimentation des buses à la sortie des électro-valves

Voici une photo de l’applicateur sous le tracteur. Il est fixé aux supports prévus pour installer une tondeuse ventrale. 4 boulons à serrer, brancher le fil électrique du moteur et les tuyaux d’alimentation et c’est fait. L’installation prend moins de 15 minutes. L’écartement des 2 bras latéraux est contrôlé par 2 tiges filetées actionnées par un petit moteur électrique. Les engrenages ont été récupérés d’une transmission de tracteur à pelouse et le moteur électrique d’un lève-glace d’automobile. Un peu de soudure (et de précision !!!) et le tout fonctionne très bien.

L'applicateur fixé sous le tracteur

Ensuite une photo du détail de l’un des bras applicateur. Chaque bras latéraux est fixé au bras central sur un pivot soudé avec précision et un ressort permet de ramener le bras en position lorsqu’il rencontre un obstacle. La buse est fixée sous la roue qui sert à faciliter l’évitement des obstacles et à protéger les plants. Un système relativement simple qui fonctionne très bien.

Détail de l'un des bras applicateur

Les trois photos suivantes montre 2 rangs de vigne avant l’application de vinaigre, après 24 heures et après 48 heures. Quand l’application est faites dans les bonnes conditions (météo ensoleillée, temps chaud pour au moins 24 à 48 heures) le résultat est très satisfaisant.

Avant l'application du vinaigre

Après 24 heures

Après 48 heures

Et pour terminer, voici un court vidéo montrant l’applicateur en fonction.

Directement ici : ev21_appl_vinaigre ou voir la vidéo sur youtube

À la prochaine.

Vendanges 2014 (égrappage et foulage)

Après un début de saison très moyen (gel printanier, pluie, etc), suivi de temps très sec cet été, la fin de saison a été excellente pour la maturité des raisins. Malgré le gel hâtif à la mi-septembre, les raisins ont quand même complété leur murissement et ils avaient un bon taux de sucre.  Après la récolte (vendange), on procède à l’égrappage et au foulage des raisins avec une machine très originalement appelée ‘égrappoir-fouloir‘.  Cette machine sépare d’abord les raisins des rafles (égrappage) au moyen d’un vis sans fin équipée de doigts en caoutchouc et ensuite écrase les raisins entre 2 rouleaux cannelés en caoutchouc (foulage). Le produit résultant (mélange de jus, de raisins écrasés, peaux, pulpe et pépins) s’appelle le ‘moût’.

Voici une photo montrant le détail de la vis sans fin qui tourne dans un cylindre perforé pour l’égrappage :

Vis d'égrappage

Et une photo de l’égrappoir-fouloir en action, avec la pompe à moût en dessous :

Égrappoir fouloir

Après l’égrappage-foulage, le moût est dirigé dans la cuve de macération pour les rouges ou directement au pressoir pour le blancs.

Voici un court vidéo de l’opération d’égrappage et foulage. Merci à mes 2 fils pour leur aide.

Directement ici : ev19-egrappage-foulage-20141004 ou voir la vidéo sur youtube

Saison 2013, les travaux ‘en vert’

Début juin, les vignes sont en fleurs. Ce sont de très petites fleurs, la beauté de la floraison des vignes n’est pas tellement dans les fleurs mais plutôt dans le parfum qui embaume le vignoble. On y reconnait déjà les arômes qui seront présents dans les raisins mûrs en fin de saison. La floraison ne dure que quelques jours et c’est une étape délicate, s’il y a trop de pluie on aura une mauvaise pollinisation (la pluie ‘lavant’ le pollen) ce qui réduira le rendement. Ce fut le cas en 2013 pour plusieurs vignobles au Québec.

ev16-1-juin

La saison2013 est une année très ‘végétative’, la pluie, la chaleur accentue la pousse des vignes. De plus, c’est une année de ‘formation’ pour les plants de notre vignoble. Il faut en effet tuteurer les plants pour arriver à la forme de plant souhaitée. C’est un long travail. Il a fallu 3 passages durant la saison à quelques semaines d’intervalles. Voici une photo prise pendant le travail de taille et tuteurage.

ev16-2-juillet

Et une photo des mêmes rangées après le travail et la tonte du gazon entre les rangées (ce qui déchiquette en même temps les résidus de taille et les feuilles enlevées)

ev16-3-juillet

Tout ce travail porte ses fruits en permettant aux grappes de bien se développer et en limitant la production pour concentrer l’énergie de la vigne dans les grappes et la maturité des raisins.

ev16-4-juillet

Vue d’ensemble du vignoble à la fin juillet, on laisse aller la vigne maintenant jusqu’à la fin aôut, début septembre avant la prochaine étape.

ev16-5-juillet

À suivre.

Été 2013, c’est le temps de la vinaigrette !!!

La saison avance … et les mauvaises herbes poussent. Il est important de désherber la zone sous les plants. Nous utilisons un équipement mécanique pour la majeure partie de cette zone (Weedbadger) mais autour des plants il faut une autre méthode. C’est la qu’arrive la vinaigrette … En effet on utilise en bio du vinaigre à 12% (issu de fermentation, pas synthétisé). Mélangé à un peu d’huile d’olive comme adjuvant (celle de maïs ou de canola contient des OGM). C’est vraiment comme une vinaigrette.

On applique le tout avec un pistolet pulvérisateur en prenant soin de ne pas trop en mettre sur les feuilles de vigne. Comme c’est un herbicide de contact, seules les parties aériennes touchées vont mourir. Donc ce n’est pas très grave s’il y en a sur quelques feuilles de vignes, elle vont simplement sécher et cela ne cause aucun dommage au plant de vigne (contrairement par exemple au glyphosate, qui pourrait tuer le plant en entier).

Il faudra donc y revenir à 2 ou 3 fois durant la saison pour les spécimens de mauvaise herbes les plus coriaces. Mais c’est très efficace.

Voici quelques photos de l’opération.

Vinaigre-2013-1

L’équipement : pulvérisateur avec sortie pour tuyau. Tuyau, pistolet et gants. L’enrouleur de tuyau a été récupéré dans les rebuts et fonctionne encore très bien après nettoyage et un peu de graisse.

Voici ce que ça donne avant :

Vinaigre-2013-2

et après 24 heures (en fait après 2-3 heures on voit déjà un début d’action)

Vinaigre-2013-3

 

Résultat : Environ 1 journée pour les 8,000 plants, 600 litres de vinaigre et 2 litres d’huile d’olive.

A la prochaine.

P.S. : finalement c’est une douce vengeance pour la vigne, vinaigre venant du ‘vin aigre’ un vin ayant tourné (mauvaise fermentation) c’est maintenant ce vinaigre qui sert à la protéger.

 

Été 2011, la plantation du grand départ

Voilà, c’est fait. Les 6,000 plants sont en terre pour 2011. Planté au début juillet. Merci à nos amis et à la famille. Du gros travail, en moyenne 2,000 plants par jour. Voici en résumé les étapes et quelques commentaires.

D’abord la technique (que nous avions expérimenté à petite échelle plus tôt dans la saison).

1-Deux cordes sont déjà préparées de la bonne longueur avec une corde qui les séparent pour la distance entre les rangs et chaque corde est marquée pour la distance entre les plants. C’est rapide car nous n’avons pas à mesurer lors des opérations. On transfère les cordes d’un rang à l’autre et on perce des trous à chaque marque.

2-Quand les cordes sont en place. On perce les trous. Nous utilisons 2 perceuses ½ avec des tarières de 3 pouces (de chez Rittenhouse , un truc, vous pouvez commander les mêmes chez Sears et épargner les frais de livraison) ces tarières sont habituellement vendus pour planter des bulbes. Mais en leur ajoutant une tige de rallonge et en les fixant à une perceuse puissante, on perce rapidement des trous de la bonne profondeur et de la bonne grosseur sans avoir à se pencher (cela compte quand on a 6,000 trous à faire !!!!)

3-Ensuite, on place les plants dans les trous, on ajoute l’engrais bio liquide à base de poisson (plein d’oligo éléments).

4-On place le tuteur dans le trou tout près du plant, on remplit le trou avec les pieds et voilà, on passe au suivant.

Il était important pour nous de ne pas trop se pencher car c’est la partie la plus ‘éreintante’. Mission accomplie à ce niveau. Il reste toutefois qu’à la fin de la journée nous étions bien heureux d’arrêter.

Maintenant quelques photos :

Les 6,000 plants sont arrivés (en fait c’est 126 caisses de 48 plants donc 6,048)

Les 6,000 plants

Les 6,000 plants

On plante : à l’arrière plan les 2 ‘perceurs’, à l’avant plan les ‘planteuses’, on remarque la génératrice qui alimente les perceuses (en effet lors de nos tests préliminaires, une perceuse à pile ne durait que 30-40 trous et elle commençait à chauffer). On voit également le réservoir qui contient l’engrais liquide.

La plantation

La plantation

Nous avons été chanceux de ne pas rencontrer trop de gros cailloux, sauf celui-ci qui a exigé d’arrêter les travaux pour l’extraire du sol car nous ne pouvions pas creuser à côté, il était trop gros.

Tout un cailloux !!!

Tout un cailloux !!!

Une innovation ? Pour transporter les paquets de 250 tuteurs de bambou et faciliter le travail des planteurs de tuteurs (qui enterrent les plants en même temps) : une chaudière de plastique, un chariot de golf et voilà !!!! C’est simple, léger et cela fonctionne très bien.

L'innovation !!!!

Une innovation !!!

Et finalement le travail terminé, les 6,048 plants sont en terre, les tuteurs sont en place et les ‘planteurs’ très fatigués mais heureux et contents du travail accompli.

C'est fait !!!!

Voilà !!!!

Merci de tout cœur à nos amis (ils se reconnaitront) et à la famille (mon épouse et nos deux ‘fistons’) sans vous, nous n’y serions pas arrivé en si peu de temps.

À la bonne vôtre !!!!

Ca pousse et ca intéresses des visiteurs … plus ou moins désirables !!!

Les plants poussent bien. Quelques problèmes d’insectes en juillet. Après analyse, dégats causés par la noctuelle (une larve qui vit dans le sol et sort la nuit pour bouffer les feuilles). Symptômes : des petits trous dans les feuilles. Il y a aussi des cicadelles (une petite cigale) qui pique les feuilles et suce la sève. Symptôme : des petites taches blanches là ou la sève a été sucée et le tissu de la feuille nécrosé. (voir les photos). Le traitement bio suggéré : savon insecticide. Après diverses recherches je décide de combiner savon insecticide et terre de diatomée pour le traitement. Le savon, contre les insectes quand ils sont sur la feuille et la terre de diatomée comme résidu sur la feuille et au sol (contre la noctuelle). Résultat : très bon, les dommages aux feuilles sont arrêtés et toutes les nouvelles feuilles qui ont poussées depuis le traitement sont saines. J’ai même mis au point un petit appareillage pour faciliter la pulvérisation (car il faut couvrir toutes les surfaces des feuilles, dessous et dessus) j’en reparlerai dans un autre billet quand tout sera au point. L’automne s’annonce bien et il ne reste qu’à espérer une bonne couverture de neige pour protéger les plants cet hiver et pas de gel au printemps.

Voici une photos des dommages causés par les noctuelles (les trous) et les cicadelles (taches blanches nécrosées surtout le long des nervures riches en sève).

Dégâts noctuelles et cicadelles

Dégâts noctuelles et cicadelles

Voici une photos où l’on voit bien (encerclées de noir) de jeunes cicadelles au travail. Il ne faut pas avoir peur de se pencher et retourner les feuilles, l’ennemi se cache…

Jeunes cicadelles

Jeunes cicadelles

Skoäl

On plante les premiers plants

Ca y est les plants de vignes sont maintenant en terre. Finalement. Après des retards dans le drainage du sol (les pluies à répétition), un achat de rotoculteur à oublier. L’achat d’un autre rotoculteur (le bon cette fois, l’attente de la livraison). Attendre un journée sans pluie. Finalement le 9 juillet nous avons préparé les bandes pour la plantation (rotoculteur, enlever les roches, mettre engrais organique, rotoculteur pour incorporer l’engrais) et le 10 juillet 2009,nous avons mis les 144 plants en terre. Un travail d’environ 5 heures à deux. Quelle satisfaction de voir les 4 rangs bien droit et de s’imaginer dans 3 ans récoltant les grappes bien juteuses.

Voici quelques photos de l’opération plantation :

Préparation des bandes

Préparation des bandes

Premier rang

Le premier rang

Rang 2

Le deuxième rang

Rang 3

Le troisième …

Et voila, c'est fait.

Et de quatre, c’est fait. Les 144 plants sont en terre.

A la prochaine.

¡Salud!

Début vignoble Domaine des 3 fûts

Eh oui, l’expérience commence. Je pense depuis plusieurs années à faire l’expérience de la production de vin à partir de mes raisins.  Je fais du vin ‘maison’ depuis plus de 20 ans maintenant avec un certain succès. Et après l’achat d’une ferme l’an dernier (45 acres) je peux maintenant passer du rêve à la réalité. C’est toute une entreprise avec pour l’instant beaucoup plus de questions que de réponses.

Est-ce que le site est correct.  L’orientation, la pente, le type de sol, le drainage (pour celle-là c’est non, il faudra drainer l’emplacement au moyen de drains souterrains, ce qui devrait se faire dans les prochains jours).

Quel cultivar planter ?  Du rouge ou du blanc ?  Le rouge est plus difficile à produire au Québec. Alors on va choisir du rouge. J’ai finalement choisi du Frontenac, un cultivar qui a un bon rendement au Québec, rustique (pas besoin de l’enterrer pour l’hiver) assez résistant aux maladies de la vigne. Par contre il produit un jus plus acide que les autres. Toutefois avec les nouvelles levures qui transforment beaucoup plus d’acide malique, la vinification de ce cépage donne maintenant de bons vins bien équilibrés. Çà c’est la théorie, il me reste à la mettre en pratique. J’irai suivre un cours sur la vinification au printemps 2010. La production devrait commencer à l’automne 2011, donc dégustation en 2012. Il faut de la patience pour devenir vigneron.

Où trouver l’information : la culture de la vigne au Québec n’a pas la même histoire que dans les autres pays producteurs. L’information est plus difficile à trouver ou même inexistante dans certains cas. Toutefois, les vignerons pionniers qui ont développé cette culture au Québec sont généreux et partagent volontiers leurs expériences et leurs connaissances.  J’attends d’ailleurs la visite de l’un d’eux, la semaine prochaine pour une consultation afin de partir du bon pied.

-Pour ajouter un défi supplémentaire je veux produire du vin ‘bio’ donc sans engrais ni pesticides de synthèse, en respectant le cahier de charge de la production agricole bio au Québec. C’est d’ailleurs pourquoi je commence avec seulement environ 150 plants (donc un potentiel de 200-300 bouteilles). Quand la technique de production et de vinification bio sera maitrisée, je déciderai si j’augmente le nombre de plants.

-Bref, des heures de plaisir en vue, beaucoup de lectures, de travail mais tout ça se fait dans le but de partager de bonnes bouteilles avec parents et amis.

-Je continuerai de vous parler de mon projet au fil de sa réalisation.

En attendant, prenez un verre de rouge à votre santé.

Chin, chin.