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Le grand départ

Un court billet cette fois, nous sommes en pleine préparation avant la plantation de cette année : 6,000 plants de 3 cépages (Marquette, St-Croix, Frontenac gris). Un foule de détails à coordonner : préparation du terrain, commande et réception de tous les intrants (piquets, engrais bio, plants, réservoir pour arrosage, main d’oeuvre) et tout ca en fonction de la pluie qui nous retarde. La préparation du terrain nécessite de la machinerie lourde et un sol assez sec, nous y étions presque avant la pluie de la semaine dernière mais il aurait fallu qu’il ne pleuve pas pendant 2 jours de plus. Maintenant il faut attendre au moins 3 jours sans pluie et avec du soleil pour assécher suffisamment le sol et terminer les gros travaux. Puis on pourra passer au mesurage, marquage des rangs et à la plantation.
Nous sommes aller chercher les 6,000 plants hier (il faut être optimiste en agriculture).
Si tout se passe bien tout sera fait d’ici 7 à 10 jours.
À suivre un peu plus tard … avec quelques photos.

Printemps 2011, surprise après aoûtement déficient l’année précédente

Le printemps 2011 a été très différent de 2010. Un départ lent, frais, beaucoup de pluie, pas de gel des bourgeons. On se dit : “Superbe, la vigne aura un bon départ cette année”. Fin avril, visite du consultant et surprise !!!!! Les plants de vignes n’auront pas un bon départ parce qu’ils n’ont pas aoutés correctement à l’automne 2010. Ouch !!!!

L’aoûtement est le processus de lignification des baguettes (c’est comme ca qu’on appelle les branches des plants de vigne). Cela se produit généralement à partir du mois d’août (dixit le terme aoûtement). Ce processus assure la résistance des baguettes au froid pour l’hiver et produit également des écailles protectrices pour les bourgeons.

Après vérification d’une douzaine de plants, même constat, ils ont presque tous gelés. Pourtant ce sont des cépages qui peuvent résister à -35, -38 C l’hiver, mais, mal aouté, leur résistance est moins grande.

Après consultation des enregistreurs de température (LogTag) il y a eu, le matin du 27 janvier 2011, une température de -33,9 et de plus il y avait des vents de 15 km/h ce jour là. Donc après relecture de nos notes de la saison 2010, avec les données de température et discussion avec notre consultant, on peut assez facilement reconstituer ce qui s’est passé.

La croissance végétative de 2010 a été très importante (sol riche en humus qui se minéralise en azote) plus une légère déficience en phosphore et beaucoup de chaleur = croissance exagérée (certains plants on produits 3 ou 4 baguettes de 12 à 14 pieds dans l’été 2010, alors qu’on aurait du avoir 2 à 4 pieds). J’ai fait une taille en septembre mais il était un peu tard et l’aoûtement ne s’est pas complété. Sur la photo ci-dessous on voit à gauche une baquette mal aoutée (le bois est rugueux, grisâtre et montre même des blessures d’écorce). Celle de droite est bien aoûtée (le bois est brun orangé, lisse et à l’air en santé).

Mauvais aoûtement

Mauvais aoutement

Les solutions pour 2011 :
– Taille à 3-4 bourgeons pour refaire des baguettes en santé (on ne peut construire la vigne sur des baguettes à demi gelées car trop de restriction pour la montée de sève).

– Implantation d’une culture intercalaire gourmande en azote qui sera récoltée en vert pour épuiser l’azote de la couche superficielle (horizon A très riche en matière organique)

– On laisse pousser les baguettes et taille sévère à la période de la véraison ( maturation des grappes fin août) en ne gardant que les baguettes prévues pour le palissage (Smart-Dyson dans notre cas). Moins de branches à lignifier = plus de lignification pour celles qui restent.

– Installation de clôtures brises-vents pour les 2-3 prochains hivers afin de donner une chance aux plants de bien s’implanter et d’acquérir leur résistance maximum

Vous voyez ci-dessous les plants taillés à 3-4 bourgeons à la fin d’avril 2011.

Mauvais aoûtement

Après taille avril 2011

Nous sommes à la mi-mai et les premières feuilles se déploient bien. Donc, si la saison continue comme prévue, tout devrait rentrer dans l’ordre et finalement ne pas vraiment causer de retard (puisqu’en fait c’est la saison 2010 qui a été trop vite).

Il est heureux que cette expérience soit acquise avec nos 2 parcelles de 150 plants. Nous éviterons ce genre de situation dans les parcelles qui seront plantées cette année (6,000 plants) et en 2012 (2,000 plants).

À suivre ….

Juillet 2010, on plante une deuxième parcelle et on introduit le ‘chum’ …

Juillet tire à sa fin. Nous avons été très pris par les travaux dans les jardins et les divers imprévus. Nous avons quand même pu planter 150 nouvelles vignes. Pour cette deuxième plantation, nous avons choisi le cépage rustique Ste-Croix qui produit bien au Québec et dont nous avons gouté quelques bouteilles chez certains vignerons québécois.

La plantation s’est faites le 3 juillet. Nous avions fait les trous la veille et avons procédé à la plantation en avant-midi (en espérant qu’il fasse un peu moins chaud, mais ce ne fut pas le cas …)

Nous avons utilisé l’engrais transplanteur à base de fumier de poule Actisol (c’est un engrais bio) et utilisé des mycorrhizes pour améliorer l’enracinement (fabriqué par PremierTech).

Quelques semaines plus tard, les plants sont en pleine santé et ont une bonne croissance. Il faudra toutefois les tuteurer car le Ste-Croix a un port plus retombant que le Frontenac.

Nous avons également tuteuré la parcelle de Frontenac (2ème année de croissance) et déjà (fin juillet) les plants ont entre 4 à 6 pieds de croissance.

Voici quelques photos :

Tout est prêt, les plants, les équipements, l’engrais sont chargés dans le “CHUM” (Chariot Horticole Utilitaire Multifonctions) ici en mode tracté. Un ingénieux mécanisme permet à la roue avant de pivoter pour passer en mode manuel sur 3 roues. J’ai construit ce chariot en bonne partie à partir de pièces et de matériaux récupérés. Quelques croquis, un peu de soudure et voilà : un chariot très utile, robuste et polyvalent pour peu de frais.

Prêt à planter

Prêt à planter

Voici le détail d’un rang, les trous sont déjà fait, la corde est installé (pour mettre les plants en ligne droite), le boyau d’arrosage, etc. On commence.

On commence

On commence

Et voilà, 2.5 heures plus tard, les 150 plants sont en terre, bien alignés. Je trouve ca ‘zen’ un vignoble.

Et voilà

Et voilà

Voici aussi une photo de la parcelle de Frontenac après le tuteurage (début juillet). Les plants sont beaucoup plus haut à la fin de juillet (aussi haut que les tuteurs et même plus).

Frontenac tuteurs

Frontenac tuteurs

Il a aussi quelques altises et des dégâts de noctuelles, un traitement répulsif à base de piments forts et savon devrait diminuer leur présence.

Bon été et à la prochaine.

Topa!

Printemps 2010, la première taille et 3 jours plus tard, 10-15 cm de neige !!!!

Ouf !!! Tout un printemps. Les plants de vignes ont bien passé l’hiver. J’ai presque fini tous les cours (vinification, viticulture et taille de la vigne). J’ai fait la taille des plants le 24 avril (une taille très simple pour l’an 1 : trois bourgeons) Voici une photo du vignoble après la taille :

Après la taille, 24 avril 2010

Après la taille, 24 avril 2010

Et, surprise, le 27 avril, 10 à 15 cm de neige. Wow !!! Heureusement, pas de gel (température minimum enregistrée par le LogTag : 0.2 degré C). Voici une photo :

Neige, 27 avril 2010

Neige, 27 avril 2010

Mais ca donne quand même quelques frissons de voir les plants qui commencent à débourrer (sortie des bourgeons) avec toute cette neige (il y avait eu plusieurs journées très chaudes auparavant qui avaient accélérées le débourrement). Bon, finalement, très spectaculaire mais sans conséquences graves.

Puis quelques belles journées, les bourgeons sont en pleine action, il y a même quelques feuilles qui pointent et au début du mois de mai, autre surprise, 2 nuits de gel. La température minimum enregistrée par le LogTag = -2.4 degré C. Ouch !!! En plein débourrement : catastrophe. Tous les bourgeons et les jeunes feuilles sont gelés (on en aura la confirmation quelques jours plus tard quand bourgeons et feuilles sont desséchés et tombent au moindre contact). Mais la vigueur de la vigne, fait qu’au bout de 1-2 semaines après le gel, d’autres bourgeons prennent la relève et dans certains cas plus grave, il y a même une tige nouvelle qui repart des racines. Voici quelques photos à la fin mai et début de juin :

Repousse des racines, 28 mai 2010

Repousse des racines, 28 mai 2010

Nouveaux bourgeons, 28 mai 2010

Nouveaux bourgeons, 28 mai 2010

Nouveaux bourgeons de réserve + carence Mg, 12 juin 2010

Nouveaux bourgeons de réserve + carence Mg, 12 juin 2010

Bourgeons de réserve et repousse des racines, 12 juin 2010

Bourgeons de réserve et repousse des racines, 12 juin 2010

On voit également sur une de ces photos que certaines feuilles du bas sont décolorées et ne semblent pas ‘top shape’. Diagnostic : carence en magnésium. Cause : inconnue pour l’instant. Des échantillons de sol sont envoyés au laboratoire pour déterminer si c’est une carence vrai ou induite par antagonisme avec un autre élément (un déséquilibre). Solution à court terme : application foliaire de sulfate de magnésium (Sel d’Epsom). Solution à moyen terme : selon les résultats de l’analyse de sol, corriger la fertilité du sol pour rétablir l’équilibre ou corriger la carence.

Finalement, nous sommes le 24 juin et la plupart des plants ont refait des feuilles et des tiges. Dans certains cas, cela veut toutefois dire un retard d’une saison pour la production. Et environ 10% des plants semblent morts. Donc remplacement par des plants neufs et retard d’un an pour eux aussi.

Plusieurs vignobles ont subis ce genre de dégâts depuis 2-3 saisons. Cela cause un grave problème, car les bourgeons s’affaiblissent et la production diminue d’année en année. Plusieurs vignerons étudient des moyens de protéger les plants contre ces gelées printanières après le débourrement (qui semblent plus fréquentes). Il existe plusieurs façons utilisées ailleurs dans le monde qu’il faudra essayer et adapter à notre climat.

C’est tellement amusant la viticulture, qu’on a décidé de planter 150 autres vignes du cépage Ste-Croix (rouge) en plus des 150 vignes de Frontenac rouge plantées en 2009. Nous avons gouté à plusieurs vins élaborés avec le cépage Ste-Croix et on aime bien.

La suite dans quelques semaines.

Nazdraví !!!!

Fin été 2009, les plants sont vigoureux

Voila, c’est la fin de l’été. Les plants de vignes ont tous survécus à la plantation et à l’été, ils sont vigoureux et semblent en bonne condition pour passer l’hiver. Quelques feuilles endomagées par les insectes mais c’est acceptable. En agriculture bio il ne faut pas viser l’élimination totale, mais le contrôle en fonction d’un seuil économique. C’est prêt pour l’hiver. Voici quelques photos prises en octobre 2009.

Une vue d’ensemble du vignoble, on voit bien les bandes gazonnées (contrôle des mauvaises herbes, de l’humidité et en plus c’est propre et plus beau).

Vue d'ensemble octobre 2009

Vue d ensemble octobre 2009

Quelques plants qui montrent une bonne croissance et une bonne vigueur

Quelques plants

Quelques plants

Quelques plants

Quelques plants

Si jeune et déjà plein de promesses

Pleins de promesses

Plein de promesses

Le vigneron au travail ….

Le vigneron au travail

Le vigneron au travail

Slainte Mhath !!!!

Ca pousse et ca intéresses des visiteurs … plus ou moins désirables !!!

Les plants poussent bien. Quelques problèmes d’insectes en juillet. Après analyse, dégats causés par la noctuelle (une larve qui vit dans le sol et sort la nuit pour bouffer les feuilles). Symptômes : des petits trous dans les feuilles. Il y a aussi des cicadelles (une petite cigale) qui pique les feuilles et suce la sève. Symptôme : des petites taches blanches là ou la sève a été sucée et le tissu de la feuille nécrosé. (voir les photos). Le traitement bio suggéré : savon insecticide. Après diverses recherches je décide de combiner savon insecticide et terre de diatomée pour le traitement. Le savon, contre les insectes quand ils sont sur la feuille et la terre de diatomée comme résidu sur la feuille et au sol (contre la noctuelle). Résultat : très bon, les dommages aux feuilles sont arrêtés et toutes les nouvelles feuilles qui ont poussées depuis le traitement sont saines. J’ai même mis au point un petit appareillage pour faciliter la pulvérisation (car il faut couvrir toutes les surfaces des feuilles, dessous et dessus) j’en reparlerai dans un autre billet quand tout sera au point. L’automne s’annonce bien et il ne reste qu’à espérer une bonne couverture de neige pour protéger les plants cet hiver et pas de gel au printemps.

Voici une photos des dommages causés par les noctuelles (les trous) et les cicadelles (taches blanches nécrosées surtout le long des nervures riches en sève).

Dégâts noctuelles et cicadelles

Dégâts noctuelles et cicadelles

Voici une photos où l’on voit bien (encerclées de noir) de jeunes cicadelles au travail. Il ne faut pas avoir peur de se pencher et retourner les feuilles, l’ennemi se cache…

Jeunes cicadelles

Jeunes cicadelles

Skoäl

On plante les premiers plants

Ca y est les plants de vignes sont maintenant en terre. Finalement. Après des retards dans le drainage du sol (les pluies à répétition), un achat de rotoculteur à oublier. L’achat d’un autre rotoculteur (le bon cette fois, l’attente de la livraison). Attendre un journée sans pluie. Finalement le 9 juillet nous avons préparé les bandes pour la plantation (rotoculteur, enlever les roches, mettre engrais organique, rotoculteur pour incorporer l’engrais) et le 10 juillet 2009,nous avons mis les 144 plants en terre. Un travail d’environ 5 heures à deux. Quelle satisfaction de voir les 4 rangs bien droit et de s’imaginer dans 3 ans récoltant les grappes bien juteuses.

Voici quelques photos de l’opération plantation :

Préparation des bandes

Préparation des bandes

Premier rang

Le premier rang

Rang 2

Le deuxième rang

Rang 3

Le troisième …

Et voila, c'est fait.

Et de quatre, c’est fait. Les 144 plants sont en terre.

A la prochaine.

¡Salud!

Début vignoble Domaine des 3 fûts

Eh oui, l’expérience commence. Je pense depuis plusieurs années à faire l’expérience de la production de vin à partir de mes raisins.  Je fais du vin ‘maison’ depuis plus de 20 ans maintenant avec un certain succès. Et après l’achat d’une ferme l’an dernier (45 acres) je peux maintenant passer du rêve à la réalité. C’est toute une entreprise avec pour l’instant beaucoup plus de questions que de réponses.

Est-ce que le site est correct.  L’orientation, la pente, le type de sol, le drainage (pour celle-là c’est non, il faudra drainer l’emplacement au moyen de drains souterrains, ce qui devrait se faire dans les prochains jours).

Quel cultivar planter ?  Du rouge ou du blanc ?  Le rouge est plus difficile à produire au Québec. Alors on va choisir du rouge. J’ai finalement choisi du Frontenac, un cultivar qui a un bon rendement au Québec, rustique (pas besoin de l’enterrer pour l’hiver) assez résistant aux maladies de la vigne. Par contre il produit un jus plus acide que les autres. Toutefois avec les nouvelles levures qui transforment beaucoup plus d’acide malique, la vinification de ce cépage donne maintenant de bons vins bien équilibrés. Çà c’est la théorie, il me reste à la mettre en pratique. J’irai suivre un cours sur la vinification au printemps 2010. La production devrait commencer à l’automne 2011, donc dégustation en 2012. Il faut de la patience pour devenir vigneron.

Où trouver l’information : la culture de la vigne au Québec n’a pas la même histoire que dans les autres pays producteurs. L’information est plus difficile à trouver ou même inexistante dans certains cas. Toutefois, les vignerons pionniers qui ont développé cette culture au Québec sont généreux et partagent volontiers leurs expériences et leurs connaissances.  J’attends d’ailleurs la visite de l’un d’eux, la semaine prochaine pour une consultation afin de partir du bon pied.

-Pour ajouter un défi supplémentaire je veux produire du vin ‘bio’ donc sans engrais ni pesticides de synthèse, en respectant le cahier de charge de la production agricole bio au Québec. C’est d’ailleurs pourquoi je commence avec seulement environ 150 plants (donc un potentiel de 200-300 bouteilles). Quand la technique de production et de vinification bio sera maitrisée, je déciderai si j’augmente le nombre de plants.

-Bref, des heures de plaisir en vue, beaucoup de lectures, de travail mais tout ça se fait dans le but de partager de bonnes bouteilles avec parents et amis.

-Je continuerai de vous parler de mon projet au fil de sa réalisation.

En attendant, prenez un verre de rouge à votre santé.

Chin, chin.